Historique
APERÇU HISTORIQUE DE L’INSTITUT SUPÉRIEUR DE SCIENCES RELIGIEUSES SAINTE JOSÉPHINE BAKHITA (Sr Madeline Gertrude Kana Bella, csp)
I - Les origines
Le premier projet de la formation des jeunes religieuses et religieux remonte en 1984. Le Père Tostain, missionnaire du S.C., est l’un des promoteurs de cette initiative, qui ne verra pas le jour à cette époque pour plusieurs raisons : candidats insuffisants, régime d’internat prévu, coût financier élevé… Toutefois, l’idée était déjà une préoccupation pour beaucoup de congrégations.
En mars 1991, dans l’ordre du jour de l’Assemblée des Supérieurs(es) Majeurs(es) du Cameroun, figurait le besoin d’une formation théologique et pastorale pour les jeunes religieux(es). L’intervention de Sœur Renée Noëlle de Jésus (Petite sœur de Jésus), encouragée par Mgr Jean Zoa, alors Archevêque de Yaoundé, pour contacter les congrégations religieuses qui seraient intéressées par ce projet étant donné qu’il n’existe encore rien pouvant permettre aux religieux qui ont la possibilité de se libérer, de se consacrer à une formation de type théologique et pastorale.
Quant aux enseignants, la collaboration avec les professeurs de l’école Théologique Saint Cyprien de Ngoya était apparue comme une voie tout à fait naturelle pour la réalisation de cette initiative, puisqu’il s’agit d’une formation théologique pour les religieux(es).
En mai 1991, une rencontre mémorable à la Maison Provinciale CICM de Tsinga jette les bases du futur centre de formation des religieux dont on suggère le nom : Initiation théologique et pastorale des jeunes religieux (ITPR) . Le niveau minimum requis serait le CAP ou le BEPC. Toutefois, les autres ne sont pas exclus. L’ITPR ouvre ses portes en octobre 1991 avec 13 étudiants provenant de 8 congrégations et 4 nationalités : camerounaise, congolaise, rwandaise et sénégalaise.
Le programme était constitué de cours fondamentaux : Bible, Dogme ; Morale. D’autres disciplines furent également ajoutées : Philosophie, Histoire de l’église, Histoire et théologie de la mission, Théologie spirituelle, Théologie de la vie consacrée et inculturation, Pastorale et inculturation de la foi. La durée des études était prévue d’octobre à juin avec possibilité d’une 2ème année. On avait introduit aussi trois sessions d’une semaine : Formation humaine et connaissance de soi ; Liturgie et catéchèse.
II - Les objectifs
L’ITPR vise la maturité humaine et chrétienne des jeunes consacrés. Plus particulièrement, l’approfondissement de la foi dans ses contenus essentiels et dans ses motivations les plus solides, en vue :
De permettre aux religieux(es) d’avoir une connaissance authentique de Dieu et ainsi, mieux répondre à la vocation de consacrés dans l’église ;
• De se former à une mentalité et à une lecture évangélique de la vie du monde et de l’histoire humaine ;
• D’apprendre à écouter les appels de Dieu, à partir des appels des hommes, au cœur de la réalité et des évènements ;
• De pouvoir rendre compte à tous l’espérance qui est en eux et mieux être outillés pour faire face à la mission dans un monde en perpétuelle mutation.
Depuis sa création et en tant que service d’église pour la croissance, l’approfondissement et l’enracinement de la vie consacrée en Afrique, l’ITPR s’est toujours voulu un lieu de formation, d’ouverture et d’accueil de tous. Il veut promouvoir et vivre l’universalité de l’église dans l’accueil de la diversité culturelle et des congrégations. Voilà pourquoi, concernant les enseignants, l’approche en vigueur se veut plutôt existentielle, concrète, historique et « kérygmatique ». Il s’agit de donner les noyaux profonds du message et conduire à se former « une vision d’ensemble » solide, synthétique, globale et harmonieuse des contenus de la foi. Pour atteindre cet objectif, il faut résolument utiliser une méthode inductive et même interactive.

III - L’Évolution de l’ITPR
1. Évolution académique
a) Les Coordinatrices (ainsi désignait-on le responsable au départ)
– 1991-1993 : Sœur Renée Nöelle, Petites sœurs de Jésus ;
– 1993-1996 : Sœur Roselyne Huppe, Sœurs Servantes du Saint-Cœur de Marie
b) Les Directeurs - Directrices (Nouvelle désignation du responsable):
– 1996-2001 : Sœur Marie Madeleine Ongmokoka, Sœurs de l’Enfant-Jésus Nicolas Barré (EJNB) ;
– 2001-2010 : Sœur Madeleine Gertrude Kana Bella, Sœurs de Saint Paul de Chartres (SPC) ;
– 2010-2012 : Sœur Angèle Makiang, Association diocésaine des sœurs de Marie Reine des Apôtres de Yagoua ;
– 2012-2018 : Père Jean Paul Kamaheu, Ordre des Dominicains (OP) ;
– Depuis 2018 : Père Patrice Mekana, Société de l’Apostolat Catholique (SAC).
Si au départ, on a pensé à une année de formation, dès l’année suivante 1992-1993, on a ajouté une seconde année sous forme de sessions à l’année fondamentale. 5 sessions d’une semaine chacune autour d’un thème général. Cette solution n’a pas duré si bien qu’elle disparait totalement de 1993-1995. Toutefois, l’idée d’avoir au moins une seconde année d’étude s’est maintenue.
Dès l’année académique 1995-1996, les études sont organisées sur 2 ans d’une manière cyclique jusqu’en 1997. C’est alors qu’on est arrivé à la constitution de 2 années académiques séparées, avec des matières propres avec un nombre assez important d’étudiants. Depuis lors, le programme est consolidé ainsi que la méthode et le niveau intellectuel des étudiants s’est nettement amélioré. A partir de l’année académique 1996-1997, on introduit un travail de recherche de fin d’études avec soutenance publique devant un jury.
Entre 2001 et 2016, l’ITPR a connu de grandes avancées intégrant l’instauration d’une 3è année pour les deux cycles et des infrastructures plus adaptées. En juin 2002, le Conseil d’administration traite la question du diplôme pour les étudiants de l’ITPR et les possibilités de collaboration avec l’UCAC-ICY. En novembre de la même année, une demande formelle de l’ITPR est envoyée au Président de la CENC pour solliciter la reconnaissance de l’ITPR comme étant une institution qualifiée. La suite de cette demande qui avait été envoyée à Rome indiquait la nécessité d’ « évoluer vers un programme de formation au moins triennal». C’est ainsi que lors de l’Assemblée générale du Consortium de l’ITPR tenu le 4 février 2003, la décision est prise d’ouvrir la 3è année. Le 9 mars 2004, un accord de tutelle est signé entre la Faculté de Théologie de l’UCAC et l’ITPR. Le 7 mai 2004, le décret N° VTB/06/05/19/04NK relatif à la reconnaissance de l’ITPR par la Conférence épiscopale Nationale du Cameroun est pris. Dès la rentrée académique 2004-2005, la 3è année est ouverte à l’ITPR.
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2. Évolution Juridique et institutionnelle .
Dès la création, on parlait « d’Initiation Théologique et Pastorale des jeunes Religieux(es) . A partir de 1997, l’appellation change et devient : Institut de Théologie et de Pastorale pour les Religieux. De plus, il est créé un comité de coordination pour veiller à la bonne marche de l’Institut en apportant un appui à la directrice (Père Phillipe Alin, OMI ; Sœur Marie Odile Mendo, FMY ; Sœur Jocelyne Kamga, Sœurs de Sainte Marthe.
Le 25 février 1997, ce comité proposait à l’Assemblée des Supérieurs Majeurs deux alternatives : soit que l’ITPR dépende directement de la CSMC/USMDC, soit qu’on crée un Consortium qui se constituerait en Association reconnue par le Droit canonique ayant une personnalité juridique Can. 29§11. En mars 1997, l’idée d’une Association est retenue et c’est ainsi qu’est né le Consortium de l’ITPR qui devait tenir son Assemblée constituante le 27 juin 1997 avec 9 congrégations présentes sur les 15 qui avaient exprimé leur adhésion lors de l’Assemblée des Supérieurs Majeurs.
Les statuts adoptés furent soumis à l’Archevêque de Yaoundé, Monseigneur Jean Zoa pour l’érection de cette nouvelle Association. Depuis 1997, l’ITPR a toutes les structures de gouvernement :
– Une Assemblée générale ;
– Un Conseil d’administration ;
– Un Conseil de direction ;
– Un Conseil des professeurs ;
– Un Conseil de formation ;
– Un Conseil d’animation.
En mai 1999, l’ITPR est reconnu par l’église locale et constitué en personne juridique privée par le Père Atanga Joseph, sur administrateur apostolique de l’archidiocèse de Yaoundé. Le 20 novembre 2000, l’Archevêque de Yaoundé, Monseigneur André Wouking approuve la proposition de la Directrice Sœur Marie Madeleine Ongmokoka, que l’ITPR soit placé sous le patronage de Joséphine Bakhita, esclave africaine, originaire du Soudan, religieuse canossienne, canonisée le 1er octobre 2000 par le Pape Jean Paul II.

3. Évolution des infrastructures
Outre l’évolution académique et juridique, l’ITPR a connu également une évolution au niveau des infrastructures. Commencé dans les locaux des sœurs Filles de Marie à Djoungolo avec une capacité d’à peine 20 places, avec l’avènement de la 2ème année, l’ITPR s’est installé dans les locaux de l’ancien séminaire Saint-Laurent de Mvolyé et les sessions se faisaient à la paroisse Saint Pierre de Kong à Essos. En 1997, l’Archevêque de Yaoundé, Monseigneur Jean Zoa, offrait gracieusement aux Supérieurs Majeurs un terrain à Mvolyé en vue de la construction d’un centre de formation des religieux(es). Dès la rentrée 2000, l’ITPR s’installait dans les locaux du centre des congrégations religieuses. Lors de l’Assemblée annuelle des Supérieurs(es) Majeurs(es) en 2003, ces derniers sont informés de la nécessité pour l’ITPR d’avoir un espace plus important pour les étudiants et l’autorisation de la construction à la charge de l’ITPR. Le Conseil d’administration confie la réalisation de ce projet à Sœur Madeleine Gertrude Kana Bella, Directrice de l’Institut et à son équipe . Plusieurs congrégations ont participé au financement de ce projet ainsi que des organismes à l’instar de Porticus .
IV – De l’Institut de Théologie et Pastorale pour les Religieux (ITPR) à l’Institut Supérieur de Sciences Religieuses (ISSR)
Avec l’ouverture de la 3ème année à l’ITPR d’une part, les démarches effectuées avec l’UCAC, qui a accordé définitivement le rattachement de l’ITPR à la Faculté de Théologie N° 251/R/E05/FND-05 du 13 janvier 2005, une convention de rattachement est définitivement signée le 22 février 2007 entre l’UCAC-ICY et l’ITPR.
Que visait cette convention ?
– améliorer le niveau de formation pour le rendre plus adéquat aux besoins actuels de nos Églises ;
– avoir une stabilité canonique ;
– rendre la formation plus accessible aux religieux(es) et aux laïcs recommandés par les autorités ecclésiastiques ;
– décerner un diplôme après la 3ème année à ceux des étudiants qui remplissent les conditions académiques requises : le Baccalauréat canonique (équivalent à la Licence universitaire) en sciences religieuses. Une démarche avait été faite à la Congrégation pour l’Éducation Catholique à Rome par la Directrice de l’ITPR. Le Père Pascal Ide , Chef du service des universités catholiques, suggérait plutôt que l’ITPR devienne un Institut Supérieur de Sciences Religieuses. Depuis lors, le Recteur de l’Université Catholique d’Afrique Centrale, l’ITPR et les efforts conjugués de sa direction, le Consortium et les Supérieurs(es) Majeurs(es) travaillent pour que l’ITPR corresponde aux conditions exigées en vue de devenir un ISSR à savoir : les statuts, les programmes des cours, la bibliothèque, la qualité des enseignants avec un certain nombre de permanents, les effectifs… Toutes ces démarches viennent de connaître un heureux aboutissement avec l’érection par Rome de l’ITPR en Institut Supérieur de Sciences Religieuses en 2022. La cérémonie d’annonce officielle de cette érection a eu lieu le 3 mai 2022 au cours de l’Eucharistie présidée par Monseigneur Jean Mbarga, Grand Chancelier de l’Université Catholique d’Afrique Centrale et Modérateur de l’ISSR.
[1] Étaient présents : Sœur Renée Nöelle (Petite sœur de Jésus), P. Cyprien Mbuka (CICM), P. Antonio Trettel (Xaveriens), P. André Tostain (MSC).
[2] La première pierre de ce séminaire fut posée par Mgr Vogt le 20 avril 1929. Aujourd’hui, ces locaux sont occupés par
L’Institut Universitaire Catholique Sainte Thérèse de Yaoundé (UNICASTY), campus annexe.
[3] Il s’agit de Sœur Marie Michèle Cornut, Père Mario Brandi …
[4] La construction a été réalisée par l’entreprise de M. Jean Louis Tonfack.
[5] Porticus avec l’appui de Monsieur Michael Brenninkmeijer et Mgr Lambert Van Heygen, archevêque de Bertoua, tous deux aujourd’hui retournés vers le Père.
[6] Congregazione per l’Educazione Cattolica (Dei seminari e degli istituti di studi) 00120 Citta del Vaticano-Roma
